Personnages

Les principaux personnages du roman graphique « La chauve-souris de Paris »

Aimé Lenoir

La chauve-souris de Paris - Aimé Lenoir
La chauve-souris de Paris – Aimé Lenoir

Jeune acrobate de 19 ans, Aimé Lenoir est employé au cirque d’Hiver par la tête d’affiche Maurice Espin, dans un numéro de haute voltige : «l’Homme chauve-souris». Il est omniprésent au cirque et rend des services de livraison ou de manutention à la communauté, qui lui permettent d’être autorisé quelquefois à loger au cirque d’Hiver. Trapéziste prometteur, Aimé s’entraîne régulièrement pour prendre une part plus importante dans le spectacle et avec son ami Gilbert, un technicien hors pair, ils travaillent sur un nouvel équipement. Sa très bonne amie Magda, une femme à barbe montreuse de serpents, l’encourage plutôt à créer sa propre représentation et «à voler de ses propres ailes».

Ses projets vont se trouver contrecarrés par le meurtre de Maurice.

Maurice Espin

La chauve-souris de Paris - Maurice
La chauve-souris de Paris – Maurice

Maurice Espin est lieutenant d’infanterie pendant la guerre. Cet ancien lutteur de foire n’a pas hésité à envoyer sa compagnie se faire décimer par les tirs amis, menaçant de mutinerie quiconque n’obéissait pas à ses ordres. Très vite démobilisé grâce à l’appui du colonel Dugoit, il reprend le chemin des foires autour de Paris et devient trapéziste. Lors d’une altercation dans un cirque à Montreuil il tue, accidentellement d’après la police, un dresseur d’animaux exotiques. Il récupère les chauves-souris de la victime pour monter un spectacle très original et, en peu de temps, devient le fabuleux : «Homme chauve-souris».

Arrivé au cirque d’Hiver, il enrichit son numéro d’un deuxième trapéziste, Aimé, qui lui donne la réplique et n’a aucun mal à convaincre Gilbert de parfaire son costume.

Gilbert

La chauve-souris de Paris - Gilbert
La chauve-souris de Paris – Gilbert

Gilbert est employé au cirque d’Hiver à la création de décors. Son inventivité due à sa passion pour le Meccano depuis près de sept ans profite pleinement aux artistes. Ce bricoleur de génie conçoit et perfectionne le matériel pour rendre les numéros encore plus spectaculaires.
Sous prétexte d’aider son ami Aimé qui souhaite une plus grande présence dans le spectacle de l’«Homme chauve-souris», Maurice l’a convaincu de mettre au point des ailes articulées permettant de voler réellement.

Magda

La chauve-souris de Paris - Magda
La chauve-souris de Paris – Magda

Magda est une artiste montreuse de serpent d’origine hollandaise. Raillée car femme à barbe, elle passe une jeunesse difficile aux Indes orientales néerlandaises où est né son amour des serpents et s’enfuie dès qu’elle le peut. Débrouillarde, monnayant danses et exhibitions de serpents contre traversées en jonques et cargos, la jeune femme arrive à Paris où elle se produit au cirque d’Hiver. Le succès est au rendez-vous tant elle fascine. Courtisée par de riches bourgeois, elle préfère la compagnie d‘Aimé et Gilbert qui l’ont spontanément aidée à son arrivée, soit pour lui apprendre le français, soit pour lui trouver une petite chambre au dernier étage derrière la République.

Paul-Alfred Dugoit

La chauve-souris de Paris - Paul-Alfred Dugoit
La chauve-souris de Paris – Paul-Alfred Dugoit

Le colonel Paul-Alfred Dugoit est un officier du corps d’artillerie apprécié du haut commandement. Ambitieux et cherchant la reconnaissance dans des faits d’armes impossibles, son inflexibilité lui fait commettre de dramatiques erreurs de commandement. Ses sanglantes déterminations sont normalisées et transformées en victoires dans les journaux grâce à son ami Antoine Felix Lepic, photographe à la « Section Photographique de l’Armée. » à la fin du conflit, il s’installe à Paris, impatient de retrouver la fureur des combats. Le «boucher de Javel», surnom dû à son entente avec le fournisseur d’obus Cortine, profite de ses relations pour intégrer le lobby colonial «Comité d’Afrique Française».

Depuis, il grenouille auprès de ces industriels facilement impressionnables pour un poste belliqueux dans cette jeune colonie d’à peine deux mois : la Haute-Volta…

Antoine-Félix Lepic

La chauve-souris de Paris - Antoine-Félix Lepic
La chauve-souris de Paris – Antoine-Félix Lepic

Antoine-Félix Lepic est photographe, et s’il possède son propre studio, il collabore toujours avec la presse quotidienne. Engagé dès 1915 comme photographe à la Section Photographique de l’Armée, il alimente les revues «L’Illustration» et «Pays de France» de clichés remarquablement patriotiques, mais surtout intelligemment recadrés. L’habile falsificateur parvient à faire passer d’hasardeux et tragiques bombardements touchant les lignes françaises en autant de sacrifices nécessaires à la défense de la Patrie. Rattaché au Service de la Propagande, il termine la guerre en côtoyant éditeurs et membres du comité de Guerre avec qui il noue des liens financiers.

Dès son retour à la vie civile, ses campagnes de persuasion ayant eu une telle portée politique, le gouvernement le nomme Chevalier de la Légion d’honneur. Depuis, ce cupide aigrefin se débarrasse de ses investissements risqués dans les cercles parisiens.

Louis Cortine

La chauve-souris de Paris - Louis Cortine
La chauve-souris de Paris – Louis Cortine

L’industriel Louis Cortine est mobilisé comme capitaine d’artillerie jusqu’en 1915, date à laquelle il quitte le front sans autorisation pour proposer au ministère de l’Armement de fabriquer des munitions en grand nombre si on lui fournit les matières premières. Curieusement, la réaction du gouvernement est de lui passer une première commande d’un million d’obus, rapidement épuisée grâce à ses amis artilleurs. La guerre des tranchées s’enlisant, le commandement militaire va utiliser massivement l’artillerie et lui permettre d’amasser une petite fortune. Sur les conseils de son ami Paul-Alfred Dugoit, il devient un fournisseur privilégié en matière d’obus conventionnels ou chimiques et l’état, en demande constante, lui facilite l’acquisition de terrains au sud-ouest de Paris pour construire une nouvelle usine quai de Javel. Le conflit terminé, il obtient à nouveau des subventions pour la consacrer à la production automobile.

Cette semaine, il s’apprête à dévoiler son premier modèle.

Fernand Maréchal

La chauve-souris de Paris - Maréchal
La chauve-souris de Paris – Maréchal

Fernand Maréchal est lieutenant d’infanterie pendant la Première Guerre mondiale. Joueur invétéré, il est ami avec officiers et poilus qu’il bat régulièrement. Sa réputation au jeu de l’Euchre lui a valu le surnom de «Joker» tant il a souvent la chance de tirer cette carte fraîchement inventée.
En 1917, au cours d’une attaque pour percer les lignes allemandes, l’artillerie ne modifie pas l’allongement des tirs et bombarde les soldats français sortis des tranchées. Fernand est gravement touché au visage et doit sa survie aux ambulanciers venus ramasser les corps. La cicatrisation de ses blessures alterne avec une chirurgie barbare où l’on entreprend de lui refaire une partie du visage et de camoufler l’ensemble. Comme tant d’autres mutilés, il passe d’hôpitaux en hospices, et ne peut s’empêcher de penser à «ceux qui s’en sont bien sortis».

Refusant l’idée de porter un masque qui tairait les erreurs de commandement ayant provoqué le massacre et son infirmité, il disparaît des sanatoriums…

André Roulard, dit Dédé

La chauve-souris de Paris - André Roulard dit Dédé
La chauve-souris de Paris – André Roulard dit Dédé

Dédé est l’un des rares soldats ayant survécu à la boucherie du bombardement des lignes françaises par le colonel Dugoit. Les désertions et mutineries secouant l’armée française à cette période, l’état-major prend soin de ces quelques rescapés qui reçoivent la Légion d’honneur et sont très vite démobilisés après un séjour en hôpital militaire. A Paris, Dédé ne retrouve ni son emploi d’avant-guerre, ni son logement, détruit en 18 par le fameux «canon parisien». Le gardien de l’écluse des Morts sur le canal Saint-Martin suit un programme du gouvernement qui le réinsère en tant que terrassier pour la Ville, comme s’il n’avait pas vu assez de tranchées et de boue. Les visions d’horreur et les souvenirs s’entrechoquent et le pauvre hère a souvent recours à la boisson pour surmonter ce retour à la vie civile.

Une malheureuse habitude prise avec le pinard si généreusement distribué par l’armée.